La statue porte une seule idée : l'horreur qui passe de l'esprit qui l'a imaginée au monde qui l'imagine à son tour. Howard Phillips Lovecraft est assis au centre. Ce qu'il a écrit se dresse déjà derrière lui, et en a déjà pris la forme. Cette pièce n'illustre pas un récit. Elle soutient une thèse sur ce qu'écrire l'horreur cosmique fait à celui qui écrit.
La transition
Lovecraft a bâti sa peur sur une prémisse. Regarde assez longtemps dans l'obscurité, et l'obscurité te regarde. La sculpture met cette phrase dans la résine. L'auteur n'affronte aucun monstre. Il est devenu la porte que le monstre emprunte. La figure se lit comme un portrait et comme une possession à la fois, et ce dédoublement est l'œuvre. Sa fiction racontait des gens qui apprenaient trop et cessaient d'être eux-mêmes. Ici l'auteur prend leur place.
La figure derrière l'auteur
La créature qui se dresse dans son dos n'est pas Cthulhu. Elle est plus ancienne. Jadis humaine, elle est devenue une chose marine de tentacules et de menace, une forme qui se souvient d'un homme et l'a laissé derrière elle. La tradition de l'horreur cosmique est pleine de ces descentes. La statue en comprime une en une seule silhouette.
La tête qui s'ouvre
Le crâne se fend comme un œuf cosmique. Dans la coquille attend une morsure à l'échelle d'Azathoth, le dieu aveugle et idiot au centre du mythe, la bouche qui engloutit des univers entiers. Voilà le mal absolu dans l'ordre de Lovecraft : non la cruauté, mais l'appétit sans esprit. La tête ouverte est la thèse. Ici la corruption n'est pas un dommage. C'est devenir une chose qui dévore.
La base et le crâne marqué
La base puise dans Les Montagnes hallucinées, le roman court où une expédition découvre en Antarctique une cité préhumaine élevée par les Anciens. La géométrie sous la figure est une architecture, pas un rocher. Un crâne marqué d'un pictogramme repose en son sein. La marque change la mort en magie noire, l'instant où un cadavre cesse d'être une fin et devient un instrument.
Le Necronomicon
La pièce arrive avec le Necronomicon. Nous l'avons sculpté comme un livre vivant : peau sur les plats, bouches travaillées dans la reliure, un objet qui n'attend pas d'être lu mais attend de te lire. Il s'ouvre au lecteur capable de le comprendre, et la compréhension est le danger. Voir le Necronomicon.
Pourquoi la posséder
La plupart des objets d'horreur montrent un monstre. Celui-ci montre une idée : l'artiste absorbé par l'œuvre. La Forbidden Edition est le Chapitre I de Masters of Madness, peinte à la main, numérotée, fabriquée en Italie, avec le hub de l'auteur sur H.P. Lovecraft. Voir la Forbidden Edition. Pour une entrée plus modeste dans le concept, le tirage d'art H.P. Lovecraft le porte sur un mur.
Glossaire lovecraftien
- Horreur cosmique
- Peur fondée sur l'insignifiance humaine face à un univers indifférent.
- Grands Anciens
- Entités cosmiques antiques, puissantes et presque indifférentes à l'humanité.
- Azathoth
- Le dieu aveugle et idiot au centre de l'univers.
- Necronomicon
- Le grimoire fictif inventé par Lovecraft, livre interdit.
- Les Anciens
- Les bâtisseurs préhumains de la cité antarctique du roman.
Sources
H.P. Lovecraft — Edizione Limitata
100 copie numerate. Artigianato italiano. IP originale.